J’ai pu couvrir la neuvième édition du Nouveau Festival les 14 et 15 mai 2025, qui permet à 2700 lycéen·nes et apprenti·es de la Région Nouvelle-Aquitaine de venir exprimer leurs talents artistiques. Réparti·es en 14 disciplines (musique, danse, théâtre, cinéma, photographie, écriture …), ces jeunes issu·es des 12 départements de la Région ont pu présenter les projets qu’iels ont élaboré tout au long de l’année scolaire. Le premier jour, j’étais accompagnée de mon camarade Lucas, qui est parti en début d’après-midi ; quant au 2e jour, je m’y suis rendu·e seul·e. Ici, je n’évoquerai que le premier jour, bien que le deuxième jour fût également riche en enseignements. Pour (ré)écouter les interviews : https://enoha-debuire.efj-blog.fr/2025/05/21/interviews-nouveau-festival-2025/
Alors pourquoi raconter cet évènement plutôt qu’un autre ? J’ai ADORÉ assister au Village Européen organisé par O2 et RIG le lendemain (vendredi 16 mai) dans le cadre du Joli Mois de l’Europe, mais il me semblait plus intéressant de parler du Nouveau Festival, car j’y ai fait encore plus de magnifiques rencontres (je ne vous oublie pas les jeunes de la MEBA don’t worry <3).
Je souhaite dédier cette note de blog au groupe Stolas que j’ai rencontré sur place, et en particulier à Sasha avec qui j’ai noué une amitié très forte ; j’ai rencontré d’autres personnes adorables sur places, iels se reconnaîtront.
J’y allais sans réellement savoir où j’allais, car je n’avais pas eu l’occasion de participer à ce festival lorsque j’étais moi-même lycéen·ne. Lorsque le tram A m’a déposé·e à Buttinière, je commence à me questionner : Qui aller voir ? Quelles questions poser ? Je ne connaissais qu’une seule personne sur place que j’aurai pu interroger, j’attends 11h30 pour aller la voir chanter. À peine le temps de traverser le pont qui relie l’arrêt de tram au Rocher (avec Les Sales Majestés à fond dans les oreilles) que je retrouve Lucas sur le parvis qui … ne trouve pas l’entrée. Il faut dire que l’accueil ne se fait pas par la porte habituelle mais par la gauche. On finit par trouver l’entrée et on part chercher nos accréditations et dossiers de presse et on pénètre dans le festival en passant sous une arche rouge pétante aux couleurs de la Région – ambiance Tour de France garantie. Un petit tour de repérage pour bien commencer est de rigueur ; il faut répérer les différents chapiteaux et les salles en intérieur, cela peut paraître assez labyrinthique. Le temps d’installer le matériel – Tascam, micro et casque -, je retrouve mon amie chanteuse que je dois interviewer. Concert intimiste super réconfortant, elle a super bien chanté mais … je n’ai pas eu le temps de l’interviewer. Oui, c’est dommage. Ensuite, je tombe par hasard sur un ami écrivain qui veut me faire lire un de ses poèmes ; je lui ai donc proposé une interview qui était très émouvante. Avec Lucas, on discute un peu avec des festivalier·es mais l’appel du ventre se fait sentir, alors un détour à la boulangerie s’impose. Un sandwich poulet mayo plus tard, je suis d’attaque pour faire le plein d’interviews. Je tombe d’abord sur une réfugiée ukrainienne qui, dans un français parfait, me montre ses dessins, et toutes ses autres pratiques artistiques, que je n’énumérerai pas tellement elles sont nombreuses. Ses amies se joignent à elle, et on traîne ensemble car elles ont beaucoup à raconter – mais pas face au micro, tout le monde n’est pas à l’aise et je ne leur en veux pas. Ensemble, on part voir un concert. L’ambiance est cool, et à la fin du concert on se décide à aller voir un groupe de trois personnes qui ont des vestes noires custom trop stylées, avec des références queer, antifascistes et anarchistes. Il se trouve qu’ils ont un groupe de musique. Je me dis que c’est le groupe PARFAIT à interviewer, en plus ces personnes ont l’air adorables. On part les aborder, et c’est là que tout bascule …
C’est à ce moment-là que je fais ma rencontre avec le fameux groupe Stolas, à qui je dédie ce texte. Notre première interaction ? Je m’exclame “Mais ça slay de fou par ici !”, une approche peu commune en reportage vous en conviendrez ! S’en suit alors une pluie de compliments, alors que j’étais vêtu·e d’une chemise kaki des plus classiques ; bref, je ne faisais pas le poids face à des vestes ultra basées. Je leur explique alors ma présence ici : “Je suis étudiant·e en journalisme et je suis en stage à O2 Radio, une radio associative de la rive droite bordelaise, et je fais un reportage sur le Nouveau Festival, je peux vous interviewer ?”. Ils sont très enthousiastes et acceptent avec la banane. Après un traditionnel test micro en ASMR, je commence par une question simple : “Présentez-vous” ; puis je leur demande de présenter le groupe et leur réponse est aussi “goofy” qu’eux même, c’est informatif et rigolo : j’ai l’interview parfaite ! Malheureusement, ils étaient en prestation le matin même et j’ai loupé leur fabuleux concert ; je leur demande donc si je peux avoir une de leur cover pour diffuser avec leur interview. Mais au lieu de simplement récupérer sur leur compte Instagram (@stolas_band) une vidéo de leur concert, je me dis que ça serait plus intéressant d’avoir une cover spontanée. Je leur demande “Vous pouvez me chanter une chanson ?”. Une cover de la chanson “It’s okay to punch nazis” de Cheap Perfume s’improvise en plein milieu du carré d’herbe où nous somme installé·es. Au-delà du message important porté par la chanson, je retiens surtout le son inexploitable dû au fait que les membre de Stolas, moi-même et 2/3 personnes aux alentours ont littéralement crié dans le micro. J’ai gardé cette cover car elle me rappelle un incroyable souvenir, mais d’un point de vue journalistique elle ne mènera nulle part … Mais d’un coup Sasha, le batteur du groupe, décide pour aucune raison de me plaquer au sol et manque de peu de détruire mon matériel ; je ne lui en veux pas, ce gars est adorable après tout.
Petite interlude sérieuse : Lucas revient me voir car l’attachée de presse de la Région Nouvelle-Aquitaine vient de l’informer que le vice-président de la Région en charge de la jeunesse, Jean-Louis Nembrini, est disponible pour une interview institutionnelle. Mais rien ne se passe comme prévu : les Tascam ne fonctionnent pas malgré toutes mes tentatives de le refaire fonctionner ; par chance, j’avais des micro-cravate Bluetooth que j’ai pu brancher à mon smartphone pour mener à bien l’interview. Une fois l’interview rondement menée, avec un fond musical assuré par les bandas landais qui reprennent de la variété française et des musiques du Sud-Ouest, je suis soulagé·e. Par chance, le micro et la bonnette ont isolé le son, laissant le vice-président à un niveau sonore bien supérieur à celui des bandas.
Nice job, Lucas rentre chez lui et moi je file retrouver mes nouveaux amis du groupe Stolas. Ils mettent bien une dizaine de minutes à me retrouver et s’exclament “Mais t’étais où ? On te cherchait !”. Je leur réponds avec humour “Bah vous savez y’en a qui bossent ici !”. C’est bon, j’étais adopté·e. Je me retrouve à aller voir un concert dans la salle 650 en leur compagnie et me fait embarquer dans des pogos : mauvaise idée, le sandwich poulet mayo remonte ! Après le concert, je discute avec le merveilleux Sasha, sans me douter qu’il deviendrait rapidement l’une des personnes les plus importantes dans ma vie <3 (oui ça va vite, la vie est pleine de surprises vous savez …). Mais il est déjà 16h30, le bus qui va les ramener chez eux à La Rochelle les attend … Ils vont récupérer leurs instruments à l’accueil avant de venir me saluer : Jules, le guitariste du groupe, me chante de manière merveilleusement fausse “Ce n’est qu’un au revoir » … il est censé être également chanteur dans le groupe, oui oui. Effectivement ce n’est certainement pas un adieu, j’ai trouvé un groupe d’amis géniaux. Yann, Jules, Sasha, cœur sur vous je vous aime <3. Avant de repartir également, je cherche d’autres personnes pour faire un micro-trottoir. Au fin fond du Rocher, je vais aborder un groupe de personnes qui m’ont l’air sympathiques et ouvertes à une interview. Parmi elleux, Léo accepte de répondre à mes questions. Il me dit qu’il vient de La Souterraine, un “bled paumé” au fin fond du Limousin. “Tu connais sûrement pas !” m’affirme-t-il … “Si je connais ! C’est sur le POLT, entre Limoges et Châteauroux !” ; le POLT ? C’est la ligne Intercités Paris – Orléans – Limoges – Toulouse, mon côté passionné·e de trains a surgi. On entame ensuite l’interview où il parle de sa pratique des arts plastique, puis notre queerness ressort. Je lui demande où il a eu ses badges ; l’un est aux couleurs du drapeau pansexuel, l’autre avec le drapeau transgenre. Il m’explique que pour en trouver, il faut aller à la Pride de Limoges … à deux doigts de me convaincre d’y aller. C’est ainsi que se termine cette journée riche en émotions !
Cela a-t-il eu un impact sur me pratique journalistique ? Voici quelques enseignements que j’ai pu en tirer :
- Le matériel qui marche, c’est la base. Même si on l’a testé au préalable, un problème technique peut intervenir à tout moment. Il faut donc toujours anticiper, afin d’avoir un plan B, en l’occurrence ici du matériel de secours, et savoir rebondir si aucune solution viable n’est envisageable.
- Se restaurer durant son reportage, c’est une question à laquelle on ne pense pas forcément mais qui change TOUT ! Se renseigner si sur un évènement un repas est offert, s’il y a une boulangerie à proximité … Et adapter son repas au reportage : suivant la température, l’effort physique à effectuer …
- Créer un lien amical avec les personnes que l’on interviewe, c’est à éviter de manière générale ! Mais dans certains cas précis, cela est l’opportunité de faire de belles rencontres, il faut savoir la saisir ! Dans tous les cas, il faut être poli·e, bienveillant·e et chalereux·se afin de mettre en confiance l’interlocuteur·ice, surtout si ce·tte dernier·e n’est pas habitué·e à parler aux médias.
- Passer du temps sur le terrain, c’est bénéfique ! Si j’étais resté·e qu’une heure sur place comme certain·es consœurs et confrères contraint·es par leur montre, je n’aurai pas pu obtenir autant de matière et surtout je n’aurai pas vécu d’immersion, grandement utile pour monter son sujet ! Quand on a le temps, il faut savoir en profiter !
- La timidité, petit à petit on peut la vaincre ! Je suis une personne extrêmement timide et cela m’handicape énormément car j’ai beaucoup de mal à aller aborder des inconnu·es, notamment lors de micros-trottoirs. Mais la cadre bienveillant et rassurant du Nouveau Festival m’a aidé·e à aller vers autrui et à entretenir des discussions plus fluides.